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Koans
zen

Les koans
japonais, les kung-ans chinois et les kong-ans coréens sont de courtes
phrases, des énigmes paradoxales ou des brèves anecdotes, visant à
ouvrir l'esprit du pratiquant et à déclancher
un déclic mental et spirituel.
Le Bouddhisme Zen Rinzaï les utilise pour faire naître une
illumination soudaine et spontanée chez l'adepte...
Ces questions n’ont pas de réponse, surtout pas de réponse «exacte»;
elle visent à dresser une barrière devant tout raisonnement. En cas de
succès, elles forcent le disciple à se tourner vers l’expérience directe de
la réalité...
Quelques koans choisis:
*Le Bouddha Shâkyamuni était assis face à une assemblée sur le Mont
des Vautours et s'apprêtait à prononcer un sermon quand il vit près de
lui une petite fleur. Il la cueillit puis, la levant sous son nez, il
la fit tourner entre ses doigts.
Ce fut là tout le contenu de son sermon.
Perplexe, la foule resta silencieuse. Seul Mahâkashyapa comprit et
sourit.
Le remarquant, le Bouddha Shâkyamuni dit alors :
"J'ai le trésor de l'œil du vrai dharma, le pur esprit du Nirvâna,
l'essence véritable de ce qui n'a pas de forme, le grand chemin du
dharma. Tout ce qui ne peut se dire par des mots mais se transmet par
l'enseignement. Et cet enseignement, en cet instant ici et maintenant,
je le transmets à Mahâkashyapa."
*Joshu demanda à Nansen :
-Qu'est-ce que la voie ?
-La vie quotidienne EST la voie ! répondit Nansen.
-Peut-on l'étudier ?
-Plus tu essaies de l'étudier plus tu t'en éloignes !
-Mais si je ne l'étudie pas, comment saurai-je ce qu'est la voie ?
-La voie n'appartient pas au monde de la perception ni au monde de la
non-perception. La connaissance est illusion, et la non-connaissance
est pure folie. Si tu veux suivre le chemin qui mène au-delà du doute,
tu dois être aussi libre que le ciel ! Le ciel, tu ne dis pas qu'il
est bon et tu ne dis pas qu'il est mauvais !
*Deux moines discutaient ferme à propos d'un drapeau.
L'un disait :
- C'est le drapeau qui bouge !
L'autre rétorquait :
-C'est le vent qui bouge !
Hui Neng passa par là, et coupa court !
-Ce n'est ni le vent, ni le drapeau... C'est votre esprit qui bouge !
*Hyakujô cherchait un moine capable de diriger un nouveau monastère.
Il dit à ses élèves que celui d'entre eux qui répondrait la mieux à
une question serait désigné.
Il plaça une cruche pleine d'eau au sol au milieu de la pièce et
demanda :
-Qui peut me dire ce qu'est ceci, à part me dire que c'est une cruche
?
Le moine Supérieur se risqua :
- Personne ne pourrait dire que c'est une sandale de bois !
Isan, le simple moine cuisinier, ne dit rien. Il renversa la cruche...
et sortit !
Hyakujô sourit et dit au moine Supérieur :
-Tu as perdu !
Isan fut nommé maître du nouveau monastère.
* Un nouveau disciple parvient au monastère en désirant recevoir un
enseignement. Le Maître Joshu demande "As-tu déjeuné ?". Le disciple
répond "Oui"... "Alors, lave ton bol !"
*Hôgen, supérieur du monastère de Seiryô, s'apprêtait à faire un
discours avant le repas du soir, lorsqu'il remarqua que le rideau de
bambou, qui avait été baissé pour la méditation, n'avait pas été
relevé ensuite. Deux moines se levèrent dans l'assemblée pour enrouler
le rideau. Observant l'effort des deux moines, il dit alors :
" L'état du premier moine est correct, l'état du second ne l'est
pas..."
*Getsuan, entouré de ses élèves, leur demanda :
"Keichu, grand fabricant de roues, vient de faire deux belles roues
d'ne cinquantaine de rayons chacune. Mais qu'adviendrait-il de ces
roues si on leur enlevait le moyeu central ? Et si Keichu avait
fabriqué ses roues sans moyeu, serait-il un grand fabricant de roues
?"
*Goso se posa la question suivante :
"Lorsqu'un buffle s'échappe de son enclos pour se précipiter vers le
bord d'un ravin, ses cornes passent, sa tête passe, ses sabots
passent, tout passe... sauf la queue. Pourquoi la queue ne peut-elle
pas passer ? "
* A un moine qui lui demande ce qu'est le Zen (Chan) il répond "Si tu
possède un bâton je te donne un bâton, si tu ne possède pas de bâton
je t'enlève ce bâton !"
* Chan-tao marchait un jour avec son maître dans les montagnes. Le
maître, Chih-t’eou, vit les branches d’un arbre qui obstruaient le
sentier, et il demanda à Chan-tao de les couper.
Le disciple dit : “Je n’ai pas apporté de couteau.“
Chih-t’eou sortit son propre couteau et le tendit à son disciple en
lui présentant la lame nue.
“Veuillez, dit Chan-tao, me donner l’autre bout".
"Que voulez-vous faire de l’autre bout ?“ demanda le maître.
Cela éveilla Chan-tao à la vérité du Zen.
*Maître Nansen remarqua des moines de deux pavillons se quereller à
propos d'un chat. Prenant le chat il leur dit :
-Une seule parole juste et le chat sera sauvé !
Devant le silence des moines... il trancha le chat en deux !
Joshu, qui avait été absent, revint le soir. Nansen lui demanda alors
ce qu'il aurait fait.
Sans dire un mot, Joshu ôta une de ses sandales et la posa sur sa
tête.
Nansen lui dit alors :
- Si tu avais été là... le chat serait
encore en vie !
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