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Sous le ciel africain
suite
J’apprends la géographie
tumultueuse des nuages belges. Par les fenêtres de ma classe,
j’observe leurs nuances grises et leurs contours quand ils viennent
s’accrocher au toit de mon école, attendant la récréation pour
déverser leur « drache » sur nos petites têtes brunes et blondes.
A l'école, le
cours de religion devient vite mon cours préféré.
Ce cours est dispensé par un vieux prêtre proche de l’âge de la
retraite. J’adore me pendre à ses lèvres et l’écouter nous raconter la
passionnante histoire des évangiles. En un tour de main, je deviens
(presque) aussi familière de la vie de Jésus qu’un bon vieux curé de
campagne!
Cependant, l'enfer chrétien me fait peur
car on ne cesse de nous
bassiner les oreilles avec toutes sortes
d’horribles péchés prêts à provoquer notre perte. ***
C’est vers cet âge-là que s’amplifie ma passion pour la lecture Sans mes petits animaux de compagnie africains, me sentant souvent abandonnée, il me fallait une échappatoire aux devoirs scolaires et à l’arrogance de ma mère à mon égard. Les échanges entre elle et moi étaient en effet devenus aussi rares que râpeux. Ce n’est que bien plus tard que nous arriverons à réconcilier nos divergences. Mon père, bien trop occupé par son travail, ne se mêlait pas de nos disputes, et mon frère était bien trop jeune pour que j’en fasse mon confident et mon allié. Des heures durant, lorsque mes devoirs étaient achevés, je m’allongeais sur mon lit pour feuilleter non seulement les pages de ma Bible mais aussi découvrir les mille aventures des magazines de jeunesse. De là me vient probablement cette soif inextinguible, cette véritable boulimie toujours présente de lecture. D'autres êtres de Lumière, toujours vaporeux et
translucides, m'apparurent. Ils étaient trois et je pouvais les distinguer
assez nettement lorsque la pénombre envahissait ma chambre. Je me gardai
bien d'en révéler l'existence à mes parents, d’ailleurs bien trop occupés
pour m’écouter déballer ce genre d’histoires insolites. Au début je pris ces
êtres venus d'un autre monde pour des fantômes. On en parlait parfois dans
certains livres de contes, la plupart devait faire peur aux enfants. Moi,
étrangement, ils ne me faisaient pas peur, pas plus que jadis le venin de
mes grosses mygales ! Il faut dire qu'avec la visite régulière de mes
visiteurs translucides je considérais maintenant les "fantômes" comme des
gens plutôt sympathiques.
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