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Une Egypte "Tout-Amon-Coeur"
suite
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Maâtkarê |
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Quand mon amie médium prenait des messages en
écriture automatique en ma présence, il arriva que Tout Ankh Amon vienne
"planer" sur nos séances. Le bougre nous proposa même à l'époque d'épineuses énigmes à
résoudre. Il nous faisait dessiner cercles, triangles et autres formes
géométriques complexes et nous demandait d'en expliquer le symbolisme.
Il
s'avéra malheureusement que ces rébus dépassaient nettement la capacité de
notre compréhension. Le Pharaon s'en rendit compte : il laissa tomber !
Il lui arriva aussi de m'accorder sa protection.
Un jour, prête à prendre le train afin
de rendre visite à mes parents en villégiature sur la côte belge, une espèce
d'avertissement subtil me poussa à reporter mon voyage.
Dans ma chambre trônait un poster géant du pharaon.
Pourtant correctement fixé à l'aide de punaises, il se détacha ce jour-là sans raison
apparente. Glissant le long du mur, il s'étala dans un fracas de papier
chiffonné sur le sol.
Je ne pus m'empêcher de prendre cet incident pour un
signe.
La vibration danger flottait dans l'air, je le sentais : elle m'intimait de rester sur mes gardes.
Mais à propos de quoi ? J'en vins à supputer une relation implicite avec
mon futur départ pour le littoral.
Préférant respecter ce que je prenais pour un
avertissement, j'annulai mon voyage. J'étais cependant contrariée car mon père
m'avait
promis de m'attendre à la gare et il m'était impossible de le prévenir de
ce changement de dernière minute. La villa qu'occupaient mes parents ne possédait
pas le téléphone. Mon père irait donc m'attendre pour rien.
Deux heures plus tard, coup de téléphone
d'Ostende. Mon père paniqué m'appelait de la gare. On venait de lui
annoncer que le train en provenance de Bruxelles avait déraillé et que
l'accident avait
fait de nombreuses victimes! Sans nouvelles de moi, il téléphonait à tout hasard, priant
le ciel de m'avoir empêché de prendre ce train-là !
Je remerciai mentalement le pharaon.
* * *
Un autre jour,
Tout Ankh Amon me suggéra un voyage en Egypte !
D'après lui, cela
me ferait non seulement le plus grand bien mais me permettrait aussi de
découvrir certains des liens subtils qui me reliaient à l'Egypte ancienne. Jusqu'alors je
n'avais fait qu'un court séjour dans ce pays longtemps auparavant.
Comme je l'ai déjà souligné,
l'histoire de l'Egypte et la richesse immense de son passé me fascinaient. Les
anciens Egyptiens, bâtisseurs de génie, astrologues émérites, étaient
assurément détenteurs d'un énorme savoir dont des pans entiers restent encore à
redécouvrir.
Ils font partie de ces lointaines civilisations qui nous ont
laissés mythes et légendes éternelles ainsi qu'un art symbolique aussi
riche que mystérieux.
Dix ans plus tard après mon premier
voyage et sous l'impulsion de Tout Ankh Amon, je m'apprêtai donc à m'envoler à nouveau pour l'Egypte.
J'appris, via le musée égyptien de Bruxelles, qu'un groupe d'archéologues allaient partir incessamment en mission dans ce pays. Je
me fis toute petite et me joignis à eux.
Toutankhamon me souhaita bon voyage à sa façon en venant me
rendre une visite astrale la veille de mon départ.
Il se montra vêtu de son apparat royal : toge de riche soie,
coiffe en or et collier de diamant et lapis-lazuli. C'était de bonne augure...
* * *
Le voyage se déroula sans histoire. Après avoir survolé le Delta du Nil - le
fleuve dieu comme on l'appelle - mon avion entama une large courbe dans le ciel,
puis descendit lentement vers
l'aéroport du Caire.
J'éprouvais les mêmes sensations d'émerveillement que
lors de mon premier voyage.
Heureuse de fouler à nouveau le sol du pays sacré des Deux-Rives, de cette terre
du lys et du papyrus, de la patrie de Seth, d'Horus, d'Anubis, d'Isis et
d'Osiris et de tous ses dieux polymorphes.
Tous étaient là qui
m'attendaient du haut de leur grandeur immobile...
Les premiers jours, j'allai visiter
les incontournables pyramides du site de Gizeh: Kheops, Khephren et Mykérinos.
L'après-midi, je consacrais de longues heures à la visite des salles
gigantesques du musée du Caire.
Une anecdote :
Dans notre groupe, un des archéologues était accompagné de
son fils de huit ans. Arrivés devant la statue de Mykérinos, l'enfant s'écrie
fièrement :
- Je le reconnais. C'est Tout Ankh Amon !
Un peu plus loin, face à une statue de
Thoutmosis
III, le
gamin s'écrie à nouveau :
- Regarde, papa. C'est Tout Ankh Amon!
Le père,
imperturbable, ne dit mot. Dix minutes plus tard, nous voici enfin dans la salle
du trésor, là où se dresse devant les yeux des
touristes émerveillés le fameux masque d'or de Tout Ankh Amon. L'archéologue, goguenard, demande
alors à son fils :
- Et lui, fiston ? Tu le reconnais ?
Et le gamin de répondre perplexe :
- Euh, non...
Autant dire que nous éclatâmes tous d'un rire énorme...
A l'étage, dans
l'une des salles surchauffées, se succédaient en un alignement parfait, de
nombreux sarcophages pharaoniques. Arrivée presque au bout de la rangée, je
m'apprêtais à redescendre vers l'étage inférieur quand un des splendides
cercueils de bois m'interpella mystérieusement. Une fiche informative signalait qu'il s'agissait du cercueil
de Maâtkarê, reine d'Egypte, fille et héritière du pharaon Psousennès 1er.
Soudain, un flash
médiumnique me transporta dans le temps en une fraction de seconde! Et Maâtkarê
prit vie devant moi, me fixant d'un regard fixe et acéré.
Se produisit alors une chose plus étrange encore : une fusion brûlante souda nos deux identités.
Cela me donnait l'impression de ne
plus faire qu'un avec elle. Je voyais par ses yeux, j'entendais par ses oreilles,
je partageais son souffle et je connaissais chaque instant de son passé, comme si
défilait à vive allure tout le contenu de sa mémoire...
Je restai là plusieurs minutes, immobile devant le sarcophage de
Maâtkarê, enfouie dans ces pensées qui m'emprisonnaient. Puis, lorsque la vision
me libéra, je rejoignis un peu chancelante, encore sous l'effet de l'émotion,
les membres du groupe éparpillés dans d'autres salles.
Avant de régler la note de l'hôtel Continental où nous
logeâmes tout le temps de notre séjour au Caire, j'eus le souffle coupé
d'apprendre que j'avais occupé la chambre où Lord Carnavon lui-même avait rendu l'âme. Pas étonnant que la veille, alors que je parlais de l'Egypte
et de ses mystères avec une fille du groupe, les lumières de la chambre
s'étaient à nouveau éteintes à trois reprises !
Nous partîmes ensuite vers Dendera
à bord d'un mini bus pris en
location. Nous voulions visiter les fameux temples de la vallée des rois : Karnak, Louxor,
Edfou et, avant d'atteindre Abou Sim bel, nous fîmes une halte à Assouan, afin de
visiter le barrage titanesque établi sur les eaux du Nil.
Non défini d'avance, notre itinéraire nous traîna un peu partout dans le désert
égyptien. Le soir, nous faisions halte dans les
hôtels situés en bord de route. Nous eûmes ainsi droit aux luxueux palaces comme
aux hôtels de seconde zone investis de cafards !
C'est là, dans
un de ces hôtels exhalant des odeurs grasses de merguez grillées et de poisson frit que peu avant de m'endormir, je
fis une régression vraiment surprenante :
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Je descends les marches brûlantes d'un large escalier
d'albâtre clair. Derrière moi, se dresse un temple aux longues colonnes massives
s'élançant à l'assaut d'un ciel magnifique. Ce doit être un jour d'été. La chaleur est lourde,
l'air irrespirable.
Le soleil, implacable, verse sa lumière d'or sur la terre
limoneuse, embrase l'air de ses rayons. Son haleine chaude brûle la peau
mon visage.
Mes pieds, chaussés de fines sandales, sont enflés
et me font
mal... A mes côtés,
le torse droit et le regard fier, se tient mon jeune
fiancé.
Je devrais resplendir de bonheur, bénir cet instant, car c'est le jour de mon mariage. Mais l'importante différence d'âges entre mon futur époux et
moi-même ne me plaît guère.
J'ai accepté ce mariage uniquement pour plaire à mon
père et lui permettre d'assurer ainsi à notre famille la pérennité d'une lignée
égyptienne de haut rang. Je ne peux donc m'y soustraire...
Il y a peu, mon fiancé était encore un enfant et je le berçais doucement dans
mes bras. Il m'est donc difficile de voir en lui l'homme avec qui je
devrai à l'avenir partager mes nuits et passer le restant de mes jours en tant qu'épouse.
Mais aujourd'hui, toute l'Egypte est en liesse. Elle se réjouit de cette
union et nous acclame. Des milliers de voix participent au murmure
grandissant de la foule.
Plus encore que la jeunesse d'Osorkon - mon fiancé imposé - je
regrette amèrement la perte de mon premier époux : Pinedjem 1er. Tourmentée
par ce souvenir douloureux, je descends une à une les marches étincelantes du
grand escalier.
En bas, précédant la garde royale et les premiers rangs de la masse bigarrée qui
ne cesse de s'agiter, m'attend un essaim d'esclaves et de jeunes servantes.
Deux chevaux, coiffés de plumes multicolores précèdent un char qui rutile de tous ses
reflets d'or. Ils vont m'emmener au grand temple sacré où se
déroulera la cérémonie du mariage.
Je me sens de plus en plus triste et les larmes qui roulent sur mes joues en
témoignent. Mon fiancé s'en inquiète.
Il ne saisit pas la cause exacte de mon chagrin mais tente au mieux de me réconforter. Je sais qu'il m'aime, que pour lui c'est
le plus beau jour de sa vie, qu'il
en rêvait depuis
toujours... Cette femme
au joli visage rond, désespérée, déchirée jusqu'au fond de l'âme, cette femme aux yeux
limpides inondés de tristesse, écartelée entre l'oubli d'un
amour qui n'est plus et le refus d'un nouveau bonheur, je la reconnais : c'est Maâtkarê !

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Cette régression fut sans
doute pour moi le point culminant de mon second voyage en Egypte car je sais
désormais, sans trop pouvoir l'expliquer de façon rationnelle, qu'un lien existe
entre Maâtkarê et moi. Quel est-il exactement ? S'agit-il d'une relation
karmique, d'un lien familial, d'une reconnaissance d'âme ou d'une simple époque
vécue ensemble? Je ne puis le définir avec certitude. Mais à mon retour je
savais pourquoi le grand Pharaon m'avait envoyée en Egypte. C'était assurément pour
retrouver le fil d'une autre vie désormais tressé dans la mémoire du temps.
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Les pages de Priya - Autobiographie
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