FRANCE LECTURE
 

 

 

 

     

 

 

 
   

 

   
       


 


 

 

 

 

 

 

 

 






 

  L'envolée cosmique
 
 Li Tsieng


 

La ruelle est étroite. De chaque côté, des petites maisons basses à  l'architecture typiquement orientale, offrent au regard leurs façades délavées ocres et roses...




Un ciel immobile d'un bleu profond surplombe ce village encaissé aux creux de montagnes arides et perché entre ciel et terre comme un nid d'aigle oublié par le monde.

Voilà qu'en cette belle journée ensoleillée, une animation bruyante et colorée égaie le village. Ce doit être aujourd’hui le jour du marché hebdomadaire. Des hommes habillés de longs manteaux en peau de yack et chaussés de hautes bottes, ainsi que des femmes aux cheveux noirs tressés vêtues de vêtements chamarrés, palabrent et vont d’étals à étals faire leurs emplettes.

Je me faufile parmi la foule hétéroclite et me surprends même à passer à travers l'une ou l'autre personne. Je n'en suis pas étonnée outre mesure. Je viens en effet de me projeter une nouvelle fois hors de mon corps physique pour atterrir de plein fouet dans cette contrée lointaine située aux antipodes de mon petit appartement bruxellois.
Où suis-je exactement? Je n’en sais rien. Mais les très hautes montagnes me font penser à un paysage de l'Himalaya. L'aspect des habitations, les yeux bridés et les pommettes saillantes des autochtones me disent qu’il pourrait s’agir du Tibet, ce pays chéri des dieux.

***

Avant de poursuivre mon récit, je voudrais ouvrir ici une parenthèse, afin d’éclaircir les différents types de dédoublement auxquels je suis parfois confrontée.

Lors de mes dédoublements précédents et de mes contacts avec des entités astrales, que ce soit avec mon parrain, André Gérard ou Vincent Van Gogh, je me trouvais largement au-delà de l'influence vibratoire de la sphère physique. Ici, en revanche, je suis comme à cheval entre deux mondes : le physique et l’astral. Pour rappel, ces deux plans ne sont pas distants l'un de l'autre dans l'espace mais s'interpénètrent totalement à un niveau vibratoire différent...
J'étais donc consciente du monde physique environnant ainsi que des êtres qui y circulaient. Et non seulement, je pouvais les observer tout à loisir mais je pouvais aussi entendre et comprendre leurs conversations. Cependant, il m'eut été impossible de communiquer avec eux. De même qu'eux ne pouvaient me voir.

J'ajouterais encore qu'il est souvent malaisé de déterminer avec précision l'endroit où l'on vient d'être transporté astralement, même s’il s'agit d'un lieu en rapport avec le plan terrestre. Imaginez un instant que l'on vous bande les yeux et que l'on vous propulse à la vitesse de l'éclair dans un endroit situé à des milliers de kilomètres de chez vous. Et qu'ensuite, on vous ôte le bandeau des yeux et que l'on vous demande à brûle-pourpoint de dire où vous êtes !
Les cartes routières de l'Au-delà nous font malheureusement défaut, et il n'existe pas encore de "Guide Michelin de l'astral"! Cela reste à inventer!
Il arrive cependant que l'on se retrouve en terrain connu. Ce fut le cas lorsqu' il m'arriva de survoler une nuit le plateau de Gizeh en Egypte. La vue des pyramides ne peut en effet laisser subsister le moindre doute. Mais ce cas serait plutôt l'exception qui confirme la règle, du moins en ce qui me concerne. Mais revenons à notre récit...

***

Attentive à tout ce qui se passait autour de moi, je finis par remarquer la présence insistante d'un homme qui me suivait depuis un bon bout de temps. Il se tenait à distance respectueuse de moi, semblant épier tous mes faits et gestes. Je ne pouvais distinguer son visage avec netteté, car il était beaucoup trop loin. Mais c’était un asiatique, quoique ses traits soient quelque peu différents de ceux des autres hommes qui circulaient autour de moi.
Je supputai que cet homme m'épiait depuis mon arrivée ici. J’ignorais pourquoi il me filait. Cependant, il ne me semblait nullement menaçant.

Puisque cet homme pouvait me voir, cela signifiait qu'il était soit, comme moi en état de dédoublement, soit, qu'il était une entité non physique.
Intriguée, je fis demi-tour et fendis la foule à la rencontre de cet homme qui semblait s'intéresser tellement à moi.

Lorsque je m’en approchai de plus près, je n'eus plus besoin de me poser de questions sur son identité car celle-ci ne faisait plus aucun doute. Il s’agissait de Li Tsieng, un de mes guides de Lumière.
Comme son nom l'indique, Li Tsieng est un Guide d'origine asiatique avec comme signe distinctif une bonne humeur constante et un grand sens de l’humour.
"Physiquement", il a un visage mince et allongé aux joues creusées. Une longue et fine moustache noire tombe sur le bord de ses lèvres courtes et son menton porte une barbichette en pointe.
C'est un guide élégant et raffiné qui aime les soies fines et les vêtements brodés de fils d'or. Toujours habillé de façon princière, il était cette fois vêtu sobrement d'une robe classique de moine bouddhiste à la couleur safran. Jamais encore je ne l’avais vu accoutré de la sorte. Je compris donc pourquoi je ne l'avais reconnu de premier abord.


Cette présence familière, en ce lieu inconnu, me rassura. Ce n'était certainement pas le hasard qui l'avait conduit à ma rencontre. Il me confirma d'ailleurs plus tard qu'il était l’initiateur de ma visite en ce village perdu dans la montagne himalayenne.
Par quelque magie dont j'ignorais le secret, il m'avait attirée ici en voyage astral, mais j’ignorais pourquoi. Li Tsieng ne paraissait d'ailleurs pas disposé à répondre à ma curiosité pour l’instant. Il m'adressa simplement un large sourire, m'invitant du regard à le suivre...

Nous descendîmes une longue avenue commerçante, c'était apparemment la voie principale de la localité. Ensuite, mon Guide bifurqua dans une étroite ruelle transversale où il me montra du doigt un modeste temple au toit rouge encastré entre deux maisons. Sa façade était agrémentée de quelques motifs sacrés de style oriental.
Li Tsieng m'entraîna jusqu'au portail, puis je pénétrai à sa suite à l'intérieur de l'édifice religieux.
Là, quelques personnes se recueillaient en silence dans la semi pénombre du lieu saint. Aucun d'eux ne remarqua notre arrivée...
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