FRANCE LECTURE
 

 

 

 

     

 

 

 
   

 

   
       


 


 

 

 

 

 

 

 

 






 

  L'envolée cosmique  suite
 
 Le Temple


Au fond du temple, sur l'autel de prières, trônait un imposant bouddha doré qui semblait toiser de son regard débonnaire la petite assemblée. Toujours muet, Li Tsieng m'invita à le suivre en direction d'une petite porte en bois située juste derrière l'autel.




Ce n’est qu’alors qu’il prononça les premiers mots depuis notre rencontre. Il m'informa que nous étions ici face à la porte de l'Antichambre. De quelle antichambre? J'allais le découvrir.
Nous franchîmes donc la vieille porte - sans l'ouvrir - passant simplement à travers elle. Rien de plus simple lorsque l'on se déplace dans son corps astral ! Mais alors que je m'attendais logiquement à me retrouver dans une autre dépendance du temple, voilà que j'étais à nouveau rentrée dans celui-ci, mais en sens inverse!

Devant mes yeux incrédules, se dressait en effet le large dos du bouddha assis. Et au bout se trouvait maintenant la porte donnant sur la rue, cette même porte par laquelle nous avions accédé au temple quelques instants plus tôt ! Ce temple était la réplique exacte de celui que je venais de quitter  l'instant d'avant, avec les mêmes bougies blanches, les mêmes objets de culte et les mêmes offrandes de fleurs jonchant le sol ! Une seule modification notable : le temple était vide. Les dévots que j'avais vu en arrivant avaient disparu...
Je voulus obtenir une explication sur ce phénomène étrange mais Li Tsieng me fit signe d'avancer vers le portail donnant sur la rue.

C’est alors, juste avant que nous ne franchissions la porte, que mon Guide m'arrêta d'un geste et me dit :

- Nous sommes maintenant dans l'Antichambre du temple. Cet endroit sacré n'est pas accessible au profane et derrière cette porte un grand maître t'attend. C'est lui qui a émis le souhait de te rencontrer.

Mon guide me dévoila son nom. Malheureusement, je ne pus m'en souvenir par la suite. Du reste celui-ci m'était totalement inconnu.
Prise au dépourvu, je me sentis soudain intimidée par l'imminence de cette rencontre impromptue, me sentant un peu dans la peau de l'enfant craintif à qui l'on va présenter Saint-Nicolas! Mais en dépit de mes appréhensions je précédai mon guide dans la pièce la plus secrète du temple qui, je le rappelle, était totalement invisible au regard physique.

J’étais maintenant dans l’antre d'une vaste grotte munies de plusieurs galeries faiblement éclairées par des torches qui jetaient sur les parois des lueurs tremblotantes. Une douzaine de moines étaient rassemblés ici, assis à terre, en position de lotus et en ordre dispersé.
A l’exception d’un seul, ils portaient tous des robes bouddhiques de couleur ocre.
Ils me firent penser à un aréopage de grands initiés veillant secrètement sur la destinée du monde...

A ma droite, quelque peu à l'écart du groupe, était assis un vieux moine vêtu d'une espèce de longue tunique d'un bleu étincelant. Sur son visage, une fine barbe, longue et soyeuse allait se perdre dans les plis sinueux de son ample vêtement. Il paraissait plus que centenaire tant son visage était barré de rides profondes et il baignait au centre d'un halo de lumière diaphane.
Malgré son âge avancé, l'homme paraissait posséder une grande force de vie. Immobile, les yeux fermés, il était plongé dans une méditation profonde.

Le vénérable sage qui avait émis le souhait de me rencontrer, c'était lui : j'en étais certaine.

Régnait en ce lieu un silence à la fois noble et léger. Li Tsieng, toujours debout à mes côtés, me souffla à l'oreille que le vieux moine était son Maître et qu'il allait se passer quelque chose devant moi. Je devais donc rester attentive. Le vieux sage tourna alors la tête vers moi et me sourit. Ce devait être sa façon de me souhaiter la bienvenue. Ensuite, Il se leva lentement, faisant économie du moindre geste inutile. Les yeux toujours clos, il s'immobilisa un court instant avant de disparaître de ma vue dans un immense tourbillon d'énergie lumineuse et ascendante!

N'étant pas encore remise de cette étonnante démonstration des pouvoirs du vieux sage, je sursautai à nouveau quand je ressenti l’effet d’une petite tape sur mon épaule droite. Me retournant vivement, je vis alors, stupéfaite, que le vieux moine venait de se repositionner derrière moi!
Celui-ci, plutôt amusé de mes réactions, m'adressa enfin la parole :

- Que désires-tu? me demanda-t-il le plus simplement du monde.

Cette question inattendue, posée dans des circonstances aussi étranges me désarçonna totalement. Je ne ressentais en cet instant aucun désir particulier car trop étourdie par les événements.
Mais la requête du vieux sage semblait péremptoire : il attendait ma réponse.
Etrangement, j'eus l'impression qu'il était en son pouvoir de réaliser n'importe lequel de mes voeux, aussi impossible soit-il.
Ne pouvant me soustraire à sa demande, je m’efforçai donc de trouver quelque chose à lui demander. Mais j'étais en panne d'inspiration : aucun de mes souhaits ne me semblaient dignes d'être formulés en cet instant. J'optai donc pour la franchise et répondit de ma voix la plus sincère:

- Je ne désire rien pour le moment, Maître.
- Vraiment? insista-t-il.
- Oui, vraiment.

Le vieux sage ne parut pas décontenancé par ma réponse. Au contraire, son sourire rayonnant semblait signifier qu'il s’en amusait.
Alors le silence initial reprit possession de la grotte. Les autres moines avaient observé la scène sans mot dire et Li Tsieng se tenait toujours dans un léger retrait respectueux.
Mais je n'étais pas encore arrivée au bout de mes surprises...

Tandis que le moine me faisait face et me fixait intensément, il posa délicatement ses deux mains sur mes épaules. Une énergie puissante pénétra alors jusqu’au fond de mon corps. Je sentais que j’étais maintenant en son pouvoir, mais cela ne me faisait pas peur. Et quoique dominée entièrement par sa force, je n'en restais pas moins totalement consciente.

Soudain, mes pieds quittèrent le sol et le Maître et moi nous élevâmes de concert dans les airs à une vitesse vertigineuse. Nous perçâmes d'un bond prodigieux le toit du vieux temple et l'immensité du ciel s'ouvrit à mes yeux dans un nouveau tourbillon de lumière douce et enveloppante !

La grotte avait disparu et la terre entière elle-même venait de prendre la dimension d'un point.
Probablement n'était-ce qu'une impression mais je sentis comme une brise fraîche et revigorante me fouetter le visage et je crus deviner mes cheveux qui s'étiraient derrière moi, libérés par la vitesse. J'avais l’impression d’être devenue une étoile filante qui fendait l'espace à une allure folle et la sensation de bien-être, de plénitude, de liberté que me procurait cet instant était merveilleuse.
Une symphonie de sons, de lumières et de couleurs valsaient autour de moi, ajustant mes vibrations au diapason d'une harmonie céleste. J'allais vers le coeur secret de notre galaxie, là où la dimension temps n’existe plus. J'étais devenue comme éternelle dans un monde d'éternité, et ma conscience se confondait à la conscience universelle. Ici, grâce au pouvoir du Maître de mon Guide plus rien ne pouvait m'atteindre. J'étais sous la haute protection de Dieu et de l'univers, et ma conscience venait de transcender ses limites pour se déployer à l'infini.

Impossible de déterminer la durée de cette envol extraordinaire mais il dura en tout cas jusqu’à que la volonté du vieux moine me ramena à des perceptions plus habituelles. Et bientôt je fus à nouveau dans l'antre secret du petit temple bouddhiste.
Le vieux moine retira alors ses mains de mes épaules et me laissa revenir à moi, émotionnellement du moins.

Les moines étaient toujours présents mais Li Tsieng avait déjà quitté les lieux. Le patriarche pria ensuite deux moines de me ramener chez moi. C'est à dire sur terre et dans la sensation de mon corps physique.
Quelques instants plus tard, je réintégrais celui-ci, toujours assoupi paisiblement sous la chaleur douillette de mes draps.
Sur le moment même, j'eus de la peine à réaliser ce qui venait de m'arriver car des millions d'étoiles étincelantes tourbillonnaient encore dans ma tête.

* * *

Li Tsieng me confirma plus tard, lors d'un contact médiumnique, que cette aventure astrale s'était bien déroulée au Tibet. Et puisque l'on parle de ce pays, j’en profite pour faire part à mes lecteurs de l'admiration que je porte au sympathique Dalaï-lama actuel, quatorzième du nom. Page suivante
 



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