Les maîtres de lumière
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Babaji |
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Un
jour, je me rendis tout spécialement à Amsterdam afin d'acquérir quelques documents rares sur le
Maître d'Hedakhan.
Lors
du trajet de mon retour en train, alors que je compulsais mes achats, je me
souviens avoir été particulièrement impressionnée par une photo qui le
représentait tendant délicatement ses lèvres vers le menton d'une petite
fille assise à ses côtés. Il y avait tellement d'amour dans ce geste
d'affection que je ne pus m'empêcher de m'imaginer à la place de cet enfant.
Que n'aurais-je pas donné pour recevoir ainsi la marque de sa compassion.
La petite fille ignorait probablement qui il était. Trop jeune, elle ne réalisait
pas sa chance d'avoir capturé un instant le regard attendri de Babaji.
Même ses plus proches disciples devaient se satisfaire de sa grâce
en lui touchant les pieds.
Pendant le trajet, alors que défilaient comme dans un songe le
paysage et les petites maisons hollandaises typiques, je me perdis à
loisir dans
la rêverie de cette si charmante vision.
Si je vous narre cette anecdote, c'est simplement parce qu'il
existe une relation directe de cause à effet par rapport à elle et de ma
cinquième nuit de dédoublement astral...
La nuit dehors était claire et
silencieuse.
Ce soir-là, m'étant couchée tôt, je me dégageai de mon enveloppe
physique juste avant qu'elle ne m'emprisonne dans ses filets oniriques.
Une nouvelle fois je franchissais le voile qui nous sépare de l'autre
rive.
Yogananda m'attendait, fidèle au rendez-vous. Il m'annonça qu'il allait me
présenter cette fois à un grand Avatar.
Sans ajouter mot, nous nous envolâmes rapidement vers un nouveau temple de
Lumière.
Mon coeur commençait à battre à tout rompre. De qui s'agissait-il?
Je ne pus m'empêcher d'espérer qu'il s'agisse de Babaji, récemment découvert. Allais-je
vraiment rencontrer Celui dont mon âme se languissait depuis peu? J'en
doutais, quoi que je n'ignorais pas qu'Il pouvait manifester sa présence
aussi bien ici-bas que sur des plans de conscience beaucoup plus
éthérés. Babaji est en effet une incarnation divine de l'énergie pure de
Shiva et il possède de nombreux pouvoirs.
Je me retrouvai donc bien vite à
mon lieu de destination, c'est à dire devant l'enceinte du sanctuaire annoncé.
Un moine m'attendait dans l'encoignure d'une large porte. Il me pria de
le suivre d'un geste. Nous traversâmes une grande salle vide, nous
dirigeant vers une petite annexe qui jouxtait le temple. Le moine
s'effaça après m'avoir invitée à y pénétrer seule.
La salle était de dimension réduite et peu éclairée, comme si l'endroit
s'interdisait une luminosité franche afin de mieux servir le silence.
Une dizaine de personnes s'étaient rassemblées ici pour méditer.
Babaji n'en faisait pas partie. J'en fus quelque peu désappointée. Seul
un petit garçon d'une dizaine d'années avait remarqué mon arrivée
impromptue dans ce
petit local de méditation. Son visage respirait la sagesse et ses traits
étaient d'une symétrie parfaite. C'était lui qui, bizarrement, dirigeait
la séance de méditation.
Le jeune adolescent m'invita d'un sourire à
m'approcher de lui.
Bien que ne le connaissant point,
je supposai qu'il devait s'agir d'une vraie graine de sagesse,
d'un jeune surdoué de la spiritualité et de la méditation.
Le jeune maître paraissait s'amuser de mon évidente perplexité. Un peu
désorientée, ne sachant trop comment le saluer, je m'approchai de lui
timidement. Allais-je lui toucher les pieds à l'indienne ou m'incliner
devant lui à l'orientale ?
Il semblait s'amuser de plus en plus de mon embarras.
Je fis alors la chose la plus insensée qui soit. Je m'avançai jusqu'à
lui et l'embrassai de mon air le plus naturel sur les deux joues !
Un immense courant d'énergie me traversa alors de
part en part : je venais d'être touchée par un feu divin...
Je me
remémorai les paroles de Muktananda qui disait que ce type d'énergie est
la principale activité d'échange entre le maître et son disciple.
Après cette effusion électrisante
avec les joues roses de l'enfant prodige, on me fit comprendre que je devais à présent quitter les lieux.
Un guide astral m'attendait dehors avec pour mission de me ramener à
mes pénates terrestres.
Avant de sortir, je me retournai une dernière fois afin de saluer
l'enfant au regard d'ange et de lui adresser un signe d'adieu.
Mais il n'était plus là !
A sa place était assis un adulte au regard acéré que je reconnus aussitôt : Babaji!
En réponse à mon immense perplexité muette, j'entendis un rire
clair et retentissant envahir la salle étroite.
Le Maître m'adressa enfin la parole :
- Ne désirais-tu pas te transformer en enfant pour pouvoir t'approcher
de moi d'un peu plus près ? N'était-ce pas là un de tes plus chers
souhaits il y a quelque temps ?
Je compris ce que cela signifiait. Et le Maître de me le confirmer :
- Puisque tu ne pouvais te transformer toi-même en enfant, j'ai décidé
de le faire à ta place. C'était la meilleure façon de te faire ressentir
un contact direct entre toi et moi ...
Ainsi l'enfant que je venais
d'embrasser sans pudeur quelques instants plus tôt était le grand Avatar
Babaji !
Avant que je ne le quitte pour de bon, il ajouta encore :
- N'oublies pas d'écrire cette
histoire, je t'y aiderai.
Et c'est ainsi que se termina
cette nuit-là cette entrevue pour le moins étonnante avec l'Avatar
indien.
Les deux nuits suivantes ne
rapportèrent malheureusement que des bribes éparses et imprécises de mes
dédoublements. Je me rappelle malgré tout m'être à nouveau rendue
dans le temple où était exposé le grand livre sacré. Comme
la première fois, je fus capable de lire plusieurs paragraphes avec
aisance. Mais je savais maintenant qu'à mon retour je ne pourrais me
remémorer son contenu.
C'est ainsi que s'achevèrent ces sept nuits extraordinaires où je fus
transportée dans les dimensions majestueuses d'une autre réalité.
Avant de clore ce récit, j'aimerais vous faire part d'une dernière expérience de lumière
tellement forte que les mots pour la décrire dans toute sa réalité me
manquent cruellement.
Ce jour-là, la lumière qui prit
possession de mon esprit fut si intense qu'elle sembla engloutir
totalement mon petit moi. De par son intensité, ce fut certainement
l'expérience mystique la plus magistrale qu'il m'ait été de connaître jusqu'à ce jour.
Alors que je méditais un soir chez moi, j'eus le bonheur de m'élever
l'espace de quelques instants jusqu'à la joie de l'unification avec la
pure conscience divine. Je dis quelques instants, mais il m'est en
réalité impossible de dire la durée exacte de cette expérience unique.
A cette occasion, une immense énergie d'amour et de paix descendit sur
moi et m'enveloppa entièrement dans une chaude et douce lumière dorée.
Les limites de ma conscience s'étendirent jusqu'aux quatre coins de
l'univers pour se fondre dans l'océan de la pure Connaissance.
Cela me donna l'occasion d'apprendre la véritable
signification du mot omniscience, qui ne signifie pas selon moi la
connaissance "intellectuelle"du moindre détail concernant la vie de l'univers mais
plutôt un dépassement total de nos approches cérébrales
habituelles.
Aucune pensée de quiconque ne m'échappait pourtant.
Dans cet état d'être, aucune différentiation, aucune fragmentation
n'existait plus ; ne subsistait qu'une immense sensation de globalité et
de connaissance transcendantale. Un peu comme
si tous les êtres n'étaient en fait qu'une simple émanation de moi-même.
Cela me permit de mieux saisir l'unité des êtres et des choses dans cet
univers. Et cette connaissance infinie, intemporelle et impersonnelle
est telle qu'elle donne le vertige.
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Les pages de Priya - Autobiographie
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