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Premier chapitre |
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Lorsque
j'appelle mentalement un Guide, c'est parfois l'un, parfois l'autre qui répond à mon appel. C'est une question de
disponibilité. J'ignore souvent en quoi consistent leurs missions mais
je sais qu'elles les empêchent de venir à moi à tous moments. Mes aides célestes ont donc bien d'autres choses à faire que de s'occuper en permanence de nos difficultés, même s'il garde toujours un oeil sur nous. Certains d'entre eux viennent pourtant assez régulièrement. D'autres plus rarement, ou uniquement pour des personnes de mon entourage. Parfois, Il leur arrive de disparaître de ma vue pendant des semaines, voire des mois. Puis, un beau jour, ils réapparaissent comme par enchantement alors que je ne les attendais pas ! Kheeb est sans
conteste l'un de mes plus fidèles et plus anciens collaborateurs et il a
pris la responsabilité de guider personnellement neuf personnes. La plupart de mes Guides de Lumière, sinon tous, ont vécu sur terre. Certains il y a très longtemps, notamment du temps de l'Atlantide. Tous sont des êtres réalisés, c'est-à-dire dégagés pour toujours de l'obligation de renaître sur terre. Mon canal médiumnique a toujours été protégé par eux et ils sont les seuls à pouvoir s'exprimer à travers moi d'une façon ou d'une autre. Ils peuvent néanmoins autoriser l'une ou l'autre entité de l'Au-delà à les accompagner ou donner le feu vert à quelqu'un qui a désiré venir jusqu'à moi pour des raisons bien précises. J'ai donc la chance, en tant que médium, de n'être harcelée par aucune entité astrale indésirable. Mes guides sont ce
qu'on appelle communément des "anges gardiens". Mais ce vocable les fait
sourire, car trop assimilé à d'antiques et désuètes représentations
d'êtres célestes ailés. Car les anges, s'ils peuvent se mouvoir dans les
airs sans difficulté, n'ont pas d'ailes bien entendu ! Depuis plusieurs mois, Kheeb m'incitait à suivre des cours de peinture artistique. Je ne sais ce qui trottait dans sa tête, mais il persistait dans cette idée. Il devait pourtant savoir que je n'avais l'âme ni d'un Rembrandt ni d'un Picasso. A l'école déjà, alors que tous mes camarades de classe se réjouissaient d'illustrer leur cahiers, moi, je considérais ça comme une sorte de corvée. Pourtant, je ne me débrouillais pas trop mal avec mes crayons. Mais le dessin n'était tout simplement pas mon dada, c'est tout. Je me souviens qu'un
jour en Suisse, alors que nous vivions à Ouchy et que j'avais quatorze
ou quinze ans, on nous avait demandé au cours de dessin de réaliser à la
gouache une petite affiche publicitaire. Le thème en était libre. Je
pris donc mes petits pinceaux, une feuille bien blanche et m'appliquai à
créer une illustration qui louait les succulents mérites d'un jus
d'orange. La semaine suivante,
nous devions dessiner une scène foraine. C'était le moment de mettre mon
malicieux projet à exécution... Mais revenons aux
souhaits de mes guides. Suivant leurs conseils, je finis par m'inscrire à une école des beaux-arts proche de mon domicile. Il y en
avait deux. La première se situait à Asse, dans le brabant flamand. J'entamai là l'apprentissage de l'aquarelle jusqu'à la fin de l'année
scolaire. Rien de mémorable ne se passa à ces cours, aussi ne m'y
attarderais-je point. Le bâtiment était
vétuste. L'atelier de peinture, au parquet grinçant et vermoulu,
perchait au troisième étage. Pour y accéder, on devait grimper un
large escalier en colimaçon grevé d'une centaine de marches toutes plus
creusées les unes que les autres. Et c'est sous un toit pentu, parmi une
forêt de chevalets poussiéreux que je poursuivis mon dur apprentissage
d'artiste peintre. Dès les premiers
froids, le concierge s'ingénia à ouvrir à fond les manettes des gros
radiateurs en fonte. Dans cette chaleur d'enfer, les jeunes modèles qui
gardaient la pose au cours de nu, ne risquaient certes pas de s'enrhumer !
Cette nouvelle année académique se déroula sans encombre. Je progressais à petit pas, commençant même à prendre goût à la peinture. Ce jeu de corps à corps avec la toile n'était finalement pas pour me déplaire. L'attention qu'il requérait était somme toute similaire à la concentration des exercices de yoga que je pratiquais chaque soir avant le coucher. De plus, l'ambiance feutrée de l'atelier, avec ses agréables senteurs de papier, de térébenthine, d'huile et de vernis me relaxait. Mes oeuvres de jeunesse s'amoncelèrent donc peu à peu dans mon salon qui devint un vrai repaire d'artiste un tantinet bohème. Ceci dit, je ne comprenais toujours pas pourquoi les guides m'avaient lancé dans cette voie. Jusque-là, ils étaient restés très évasifs à ce sujet. Quand je leur posais la question, ils m'exhortaient simplement à prendre patience : un beau jour, j'aurais la réponse. C'est en effet peu après que
je reçus un soir la visite astrale de Marc Chagall dont j'ai déjà parlé
dans le chapitre " Dialogue avec Marc Chagall". C'était une semaine
avant son décès. Le peintre vint alors m'avertir de son départ imminent
pour l'autre monde, chose que j'ignorais.
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