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Un saut dans la préhistoire
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Voyage astral dans le
temps |
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Au cours de mes voyages astraux, il m'est arrivé
mille aventures.
Ces projections subites dans les sphères subtiles de la conscience, dans ce
monde
étincelant et malléable à souhait, m'ont fait vivre des moments formidables.
Situations émouvantes, burlesques, rocambolesques côtoyèrent les rencontres les
plus inattendues.
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Avant-propos
En dehors de quelques sphères spéciales, la lumière dans
l'astral est permanente car sur ce plan elle n'est affectée par aucune opacité
matérielle. Dans cet état d'être donc, point de réveil ni de
coucher. S'alimenter est également inutile. Se reposer, dormir
n'est plus nécessaire. Ces fonctions si vitales pour le corps
physique perdent dans l'astral leurs raisons d'être.
Sur terre, la progression du jour découpe notre vie en tranches
régulières : matins, midis, soirs. L'astre solaire gère notre vie
diurne, rythme et règle nos activités, tandis que notre lune
éclaire de sa pâleur les heures de notre sommeil. Dans l'astral,
dans ce monde sans repères temporels, sans horloges, le temps
s'étire désormais uniforme, jusqu'au bord de l'infini.
Chaque sphère attire, par simple résonance d'âme, les êtres en conformité avec
elle.
Ne se posent comme limites que celles imposées par notre développement
personnel.
Ces lieux célestes procurent le repos de l'âme entre nos vies physiques.
Chaque âme y séjourne un temps plus ou moins long, qui peut s'échelonner de
quelques semaines à plusieurs siècles, bien souvent jusqu'à ce que la terre nous rappelle à
ses bons souvenirs pour une nouvelle incarnation.
Quant aux "Anges" ils traversent avec éclat toutes les sphères subtiles
et dispensent leur aide partout où elle s'avère nécessaire : dans
l'astral, le "devakan" où sur des plans plus nobles encore...
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Quelques chers défunts, dont j'imaginais avoir perdu la trace à tout jamais,
surgirent ainsi sans crier gare, accourant guillerets à ma rencontre pour me
dire leurs joies
célestes. Je reconnus d'emblée leurs rires, leurs émotions, et j'eus la joie de
partager avec eux une
bouffée d'éternité et de profond bien-être.
Souvent, on m'attendait dans l'astral de " pied ferme ". Mes amis, peut-être
avertis par mes Guides de l'imminence de ma visite, étaient fins prêts à m'accueillir
à bras ouverts, et après de chaleureuses embrassades, étaient tout heureux de
m'emmener visiter leur monde.
Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Que dire alors des voyages astraux?
Quelquefois, mes guides m'accompagnèrent jusqu'à de hautes sphères cristallines,
à la
rencontre d'Etres grandioses qui se mirent un instant à mon écoute et me
prodiguèrent leurs conseils.
Mais dans le récit qui suit, ce n'est pas de l'un de ces Etres glorieux dont je
vais vous parler mais d'un simple "mortel", puisqu'il s'agit de mon
parrain terrestre...
Une nuit, alors que je venais d'émerger
d'un rêve et de jaillir dans l'astral, je me retrouvai subitement en sa
présence. Comme surgit de nulle part, il était là, avec ses yeux verts
délavés, pimentés de malice, et son visage au sourire un peu narquois.
Ancien ingénieur en électronique, mon parrain avait toujours vécu au
jour le jour, en bon vivant, et l'après-vie était bien le cadet de ses
soucis.
Doué d'une solide intelligence et d'un excellent bagage scientifique, il
possédait en outre une culture générale encyclopédique puisée dans les
rayonnages serrés de sa
bibliothèque.
Toujours avide d'en savoir plus, un jour lui vint l'idée de potasser les
langues étrangères. Il se mit donc à l'étude et cela avec une telle
ardeur qu'il finit par en parler sept à la quasi perfection !
Même lorsque j'étais encore petite fille, il s'adressait déjà à moi
comme à une adulte, m'expliquant des choses que j'étais bien incapable
de comprendre. Mais, flattée par tant d'égards et d'intérêt pour ma petite
personne, j'essayais toujours de paraître à la hauteur.
Pour lui faire plaisir et ne pas perdre la face, je hochais alors la tête d'un
air entendu, comme si j'approuvais ses idées et saisissais la finesse de
ses propos !
Un de ses thèmes de prédilection était la préhistoire. Il m'en parlait
si bien et avec un tel réalisme, que j'avais parfois l'impression que
l'homme de Neandertal allait débarquer chez nous pour se joindre à notre
conversation !
Un jour, constatant mon intérêt naissant pour l'Histoire et la
Préhistoire, il me fit don d'un énorme
livre sur le
sujet, bourré de textes et de jolies illustrations. Ce livre était si
lourd et si volumineux que mon cartable n'eût pu le contenir !
Les bords des pages étaient parsemés de notes au crayon proprement
tracées par l'écriture un peu penchée de mon parrain, mais ce cadeau de
poids, légué avec le coeur et qui contenait une part de l'âme de mon
parrain, me
rendit folle de joie...
A cette époque,
j'étais interne dans un pensionnat anversois et mon parrain habitait à Schilde,
une
petite ville située à quelques kilomètres de chez nous.
Le peu de temps libre dont je
disposais m'empêchait de le voir souvent. Seuls quelques dimanches après-midi
autorisaient nos rencontres.
Cependant, malgré la rareté de ces visites fugitives, je m'attachai fort à lui,
autant,
sinon plus qu'à mes parents. Et, lorsqu'un soir d'automne, il partit sur la
pointe des pieds pour l'autre monde, je versai pour lui mes premières larmes de
deuil.
Et voilà qu'aujourd'hui, plus de dix ans après, j'étais à nouveau en sa présence
!
Incrédule, je balbutiai ces paroles :
- Parrain ? C'est toi ? Ici ? Est-ce possible ?
- Allons ! Est-ce bien ma chère nièce qui me pose cette question ridicule ?
me
répondit-il en riant de bon coeur. Bien sûr que c'est moi ! Qui voudrais-tu que
ce soit ?
Ne reconnaîtrais-tu donc plus ton parrain ?
Je me jetai à son cou et l'embrassai sur la joue, comme au bon vieux
temps.
L'émotion me serrait la gorge dans un étau.
Nous étions à la croisée de plusieurs chemins de terre, tous bordés d'arbres
touffus et autour de nous, d'immenses fleurs géantes élançaient leurs corolles ouvertes
vers un azur sans taches.
- Viens, me dit-il. Ne restons pas plantés ici comme des légumes. J'ai une
infinité de
choses à te montrer. A ce propos, je t'ai réservé une petite surprise de mon
cru. Mais
d'abord, laisse-moi te présenter à mes amis...
Il m'emmena alors à grande vitesse par l'un des sentiers sinueux et nous arrivâmes
bientôt
dans une sorte de hameau enchanté perdu en rase campagne.
Devant nous, se dressaient les murs blancs d'épaisses bâtisses aux formes les
plus
diverses. Certaines étaient ovoïdes, d'autres pyramidales, d'autres encore
découpées de
façon bizarre. Toutes avaient un aspect scintillant comparable à du cristal.
Sans attendre, mon parrain m'invita à franchir le seuil de l'une d'entre elles.
Plusieurs
de ses amis nous attendaient. Ils nous saluèrent joyeusement. Et après ces
brèves
présentations, nous pénétrâmes à la queue leu leu au coeur du bâtiment.
Nous traversâmes un dédale de salles aseptisées, bouillonnantes
d'activité. A l'intérieur de chacune d'elles, une foule de personnes vaquait à
des travaux
divers dont j'ignorais l'intérêt. Mais toutes semblaient concentrées et appliquées à la
tâche.
Des hommes et des femmes en blouse blanche manipulaient des fioles, des écrans
de
couleur et des appareils compliqués. Tout cela dans une atmosphère de
grande
convivialité qui dessinait sur leurs visages un bonheur tranquille.
Mon parrain m'expliqua que nous étions dans un laboratoire scientifique comme
il en
existe paraît-il à foison dans le monde astral.
Celui-ci était une sorte de dépendance universitaire, où savants
chevronnés et chercheurs de toutes disciplines tentaient de fusionner dans un creuset commun
l'aboutissement de leurs recherches.
Ils essayaient ensuite d'en imprégner les cerveaux humains par le truchement
d'ondes
mentales télépathiques. C'était leur façon de prêter une participation active au
champ
de l'évolution humaine. Arrivés au bout de la dernière salle, mon parrain me glissa à l'oreille d'un ton
enjoué :
- Bon, tu as vu l'endroit où je travaille le plus
souvent.
Inutile de s'y éterniser. A la longue, tu risquerais de t'y ennuyer !
Sa remarque me fit pouffer de rire. Il avait surpris mes pensées, me devinait
impatiente de découvrir la suite des événements.
J'implorai mentalement le ciel de m'accorder le temps nécessaire pour profiter
de ce
voyage astral jusqu'au bout. Un brusque retour au plan physique est hélas
monnaie courante lorsqu'on est en dédoublement.
Nous quittâmes donc l'univers studieux des laborantins.
La salle ensoleillée se brouilla devant mes yeux, et, l'instant d'après, elle disparut
complètement
dans un tourbillon de lumière multicolore.
Un décor entièrement neuf s'ouvrit alors à mon regard.
Une forêt tropicale au sol marécageux imprégné de feuilles ruisselantes
d'humidité
accueillit nos pas légers.
Autour de nos têtes virevoltaient des nuées d'insectes chamarrés, aux ailes transparentes
démesurées. Et dans le vert de cette végétation
débridée des lézards cornus, à la peau rude et à la gueule grande ouverte, nous
souriaient
béatement, comme amusés de notre visite.
Droit devant nous, un sentier étroit zigzaguait dans l'épaisseur de la
forêt. Mon parrain s'y aventura.
Je le suivis.
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