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Un ami de toujours
suite
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Sorties astrales |
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Notre
belle amitié coula ainsi ses jours heureux pendant quatre à cinq ans,
jusqu'au jour où j'appris la terrible nouvelle : André était atteint de
ce qu'on appelle pudiquement de nos jours une longue et pénible maladie
et il ne lui restait que peu de temps à vivre.
Madame
Lucia, sans nouvelles de lui, lui avait un jour rendu visite à
l'improviste. Elle trouva devant elle un homme au bout du rouleau, les
traits déjà creusés par la maladie et la souffrance. Personne d'entre-nous
n'avait été mis au courant. André avait choisi de taire son mal.
L'annonce brutale de sa maladie me coupa les jambes. Je l'appelai
aussitôt par téléphone et proposai de venir le voir. Mais il rejeta ma
proposition, tout en s'excusant, et me dit qu'il préférait rester seul, à
l'abri du monde. Il ne voulait pas endurer le regard apitoyé de ceux qui
l'avaient connu dans sa meilleure forme. Dans ces moments pénibles, il
voulait offrir à sa souffrance une intimité légitime, et lorsque le moment
serait venu, il s'en irait tout simplement,
emporté par les ailes du destin.
J'eus encore l'occasion d'entendre une dernière fois sa voix
au téléphone, mais celle-ci était faible et lointaine comme si elle renvoyait
déjà l'écho d'un autre monde.
De
fait, il m'affirma cette fois-là
qu'il était prêt pour le grand départ, que plus rien désormais ne le retenait ici-bas. Il
était arrivé au bout du voyage et le mot fin pouvait maintenant ponctuer
l'histoire d'une vie honorablement remplie.
A quoi bon vouloir prolonger une existence qui a déjà donné le
meilleur d'elle-même?
Il pouvait s'en aller la tête haute, sans remords et sans regrets. Pour lui c'était :
mission accomplie.
Une semaine
plus tard, on m'apprit son décès.
Je m'y attendais. Pourtant, cela me fit un mal atroce, un peu comme si
un fer de lance me transperçait le coeur. Je venais de perdre mon
meilleur ami, si ce n'est mon seul véritable ami car notre amitié avait acquis au cours des ans la force des montagnes.
Et sa mort me laissait un gouffre...
Comme souvent, quand on se révolte contre une plaie trop vive, mon
premier sentiment fut celui de l'incompréhension et de l'injustice. Comment le ciel
pouvait-il arracher si tôt la vie à un être d'une telle qualité? André
n'avait même pas soixante ans.
Sans
réponse, je basculai dans un abattement profond qui eût son apothéose le
jour de l'enterrement. Ce jour-là, le poids de mon chagrin fut à la
mesure de notre amitié : insupportable. Et les semaines qui suivirent me
virent déambuler dans la vie comme une coquille vide.
Je
repensai alors à notre ultime conversation.
André croyait bien sûr à la survie de l'âme, à la Rédemption immédiate
de l'être après la mort. Il avait passé des années à décortiquer le
sujet acquérant la certitude absolue de la pérennité de l'existence au
delà du tombeau. Il m'avait avoué son désir d'aller le plus loin et le
plus haut possible après cette vie. Il gagnerait le sommet des étoiles
ou n'importe quel univers pourvu qu'il soit doré et qu'y règnent l'amour,
l'intelligence, la lumière et la paix. Pas question pour lui donc de
traînailler dans les sphères communes de l'Astral.
J'étais certaine qu'il parviendrait à ses souhaits. Ce qui ne
m'empêchait de ressasser les mots que j'aurais souhaité lui dire avant
qu'il ne s'en aille. La mort laisse toujours des regrets, et ces mots,
que j'avais gardés pudiquement au fond de la gorge par souci de ne pas
lui déplaire, peut-être aurait-il malgré tout aimé les entendre?
Ma peine était si profonde que je mis à espérer un signe d'outre-tombe
de sa part. Qui sait ? De là où il était maintenant allait-il
percevoir le fond de ma pensée et serait-il en mesure de m'envoyer
quelques mots de réconfort?
Environ trois mois plus tard, ce voeu fut exaucé !
Au cours
d'une nuit, je partis involontairement le rejoindre dans ce monde léger
et lumineux qui accueille toutes les âmes de bonne volonté
après le grand départ.
Ce n'était
pas ma première expérience de dédoublement, loin s'en faut. Depuis que
je m'intéressais au monde de l'ésotérisme, j'avais appris qu'il était
possible de voyager à l'aide de notre deuxième corps. J'avais lu une
flopée de
livres à ce sujet, dont ceux de Sylvan Muldoon, de Laura Tuan et de Lobsang Rampa
qui en parlaient abondamment et délivraient même les clefs d'une sortie
astrale réussie.
A ce propos, je me rappelle une de mes
toutes premières expériences de dédoublement.
Après une sortie rapide de mon corps, je m'étais retrouvée à fouler les
herbes d'une jolie campagne aux collines verdoyantes. Le paysage était
féerique, cristallin, empreint d'une paix fabuleuse, comme nombre de
personnes ayant fait une expérience de N.D.E. en donne la
description.
A un moment, une voix douce m'avait susurré à l'oreille :
"
Maintenant tu peux fermer les yeux, t'allonger et te reposer ici ".
Je
crois que c'était Kheeb, mon Guide. Je n'en suis pas sûre car je ne vis
pas son visage. J'étais donc restée là un bon moment, couchée de tout
mon long sur le tapis d'herbes de cette campagne ouatée,
profitant à fond de cet instant, accrochée au fil de l'éternité. Puis, repue de silence et de
quiétude, j'avais réintégré mon corps, aussi vite que j'en étais sortie.
Mais
cette nuit-là, je me retrouvai d'emblée nez à nez avec mon ami André!
Revenue de
ma première surprise, je constatai avec ravissement que le visage de mon
ami était rayonnant et qu'il était dans une forme éblouissante. Il irradiait de
jeunesse et de fraîcheur. Je ne pus d'ailleurs m'empêcher de le lui
dire. Cela le fit sourire.
Sans trop réfléchir, je lui pris alors la main - une grande main douce
et chaude - avec la ferme intention de ne plus la lâcher. Chose que je
ne me serais permise de son "vivant" ! Mais André n'y pris garde.
Au contraire, il serra celle-ci dans la sienne et m'entraîna à sa suite avec
entrain.
Je me rappelle d'un étroit sentier perdu sous des arbres
magnifiques. Alors que nous marchions, il me parla d'une jeune fille dont il s'occupait
depuis peu. La
pauvre venait de subir une mort violente et mon ami l'aidait à se remettre
de cette déchirure précipitée d'avec sa vie sur terre. Il m'expliqua
qu'il l'aidait à prendre
pied dans sa nouvelle dimension et à rompre les liens avec cette vie terrestre qui
venait de s'achever de façon si brutale.
Il me
parla aussi du bilan de sa propre incarnation passée, des leçons qu'il en avait
déjà tirées, de sa volonté de suivre plus que jamais le chemin de
vérité, d'aller de l'avant. Puis, au milieu d'une phrase, notre conversation
s'interrompit. Je "redescendais" subitement et malheureusement déjà dans mon corps, comme avalée par un
tourbillon surpuissant...
Quelques
semaines plus tard, nouveau voyage astral, toujours involontaire. Malgré
mes tentatives de dédoublement volontaire selon les techniques consacrées, je ne
parviens toujours pas à provoquer des sorties véritablement conscientes,
ce qui me désole. Je pense que cela est dû à ma peur instinctive de
la mort physique. Je me retrouve donc régulièrement en Astral à
"l'improviste", sans m'y être préparée.
Sans
rentrer ici trop dans les détails, la différence entre le rêve et la sortie astrale est
énorme. Lorsqu'on a vécu cette expérience, l'un et l'autre ne peuvent être confondus. Le vécu astral donne
une impression de netteté, de suivi, de réalisme, et procure des
sensations de bien être qu'aucun rêve ne peut apporter.
Mais revenons à cette autre sortie astrale qui fut bien plus intense encore que la première. Il
faut dire que les conditions de nos retrouvailles nous changeaient radicalement de nos
rencontres occasionnelles aux Amis de l'Orient !
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Les pages de Priya - Autobiographie
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