FRANCE LECTURE
 

 

 

 

     

 

 

 
   

 

   
       


 


 

 

 

 

 

 

 

 






 

  Un ami de toujours  suite
 
 L'Au-Delà, un monde lumineux de liberté


N
ous déambulions à nouveau le long d'un sentier champêtre. Partout autour de nous s'étendait un paysage magnifique fait d'harmonie et de beauté. Chaque arbre, chaque brin d'herbe irradiait d'une vie intense, semblant rayonner toute la joie de l'univers...
 

Il ne faisait ni chaud ni froid. Mais sur la peau de mon visage glissait le souffle tiède d'une brise merveilleusement enveloppante. J'eus l'impression d'être au paradis, peut-être y étais-je ? En tout cas ce lieu idyllique dégageait une extraordinaire impression de pureté et de sérénité. On sentait qu'ici le mal n'avait jamais existé et qu'il n'existerait jamais.

Je continuai de suivre mon guide qui m'emmena jusqu'à une jolie fermette cernée de toutes parts par une nature luxuriante. A deux pas de la maisonnette, d'énormes saules penchaient leur ramures indolentes vers un étang aux eaux incroyablement limpides. Sur le pas de la porte des personnes à l'air joyeux nous firent signe de nous approcher. C'était des amis d'André. Il fit les présentations puis ceux-ci nous invitèrent à venir nous asseoir à l'intérieur de leur habitation.
Je me retrouvai donc entourée d'une dizaine de personnes, toutes assises autour d'une longue table, hommes et femmes confondus. Ils semblaient tous ravis de nous accueillir et leur bonne humeur faisait plaisir à voir. André pris place à mes côtés, et la conversation s'engagea sans autre préambule. Mon ami m'appris ainsi qu'il n'était ici que de passage.

- J'étais loin d'ici il y a un instant, me dit-il, mais te sachant dédoublée, je suis descendu à ta rencontre, parce que tu le souhaitais. Cela, je l'ai ressenti. A un moment, j'ai craint que tu ne redescendes, que nous allions encore nous rater, tant ton désir était fort de me rejoindre, presque trop fort pour réussir un dédoublement !
Monter, descendre... Voilà bien un langage propre au monde astral, me dis-je! Je ne pus m'empêcher de pouffer de rire. André m'imita. Il est vrai qu'on eût pu comparer ce monde à une espèce de grand centre vivant dont les multiples étages auraient été desservis par un ascenseur céleste!

Autour de nous la conversation battait son plein et déversait ses éclats de rire. Mais ce qui m'intéressait le plus, c'était d'avoir retrouvé mon ami et de pouvoir profiter à nouveau de sa chaleureuse présence.
Rien n'avait changé entre nous, si ce n'est que nos liens d'amitié semblaient encore resserrés. Je fus heureuse de constater qu'il ne portait plus aucune séquelle de sa récente maladie. Au contraire, je ne l'avais jamais vu aussi enthousiaste, aussi rayonnant de santé. Et le revoir dans de telles conditions me réchauffait vraiment le coeur.

André s'était bien vite adapté à sa nouvelle vie. On peut même dire que la vie céleste lui allait comme un gant !
Je savais que ce n'était pas toujours le cas. Certaines personnes mettaient parfois un temps considérable avant de s'adapter à leurs nouvelles conditions d'existence, ne voulant pas admettre leur mort terrestre, ou que l'on survit simplement à celle-ci ou encore qu'ici il n'est plus question de subir un handicap ou d'endurer la maladie.
Beaucoup de personnes ignorent en effet qu'ici un aveugle retrouve la vue, un sourd l'usage de l'ouïe, une personne handicapée le moindre de ses mouvements...

Nulle amélioration, nulle perfection ne semble hors d'atteinte du pouvoir astral. La pensée y fait force de loi, dicte l'heureux mariage des formes et des couleurs. La matière, si l'on peut encore parler de matière, est infiniment subtile et malléable et peut réagir au moindre de nos souhaits. Chacun y compose son décor de vie, et cela selon la palette de son choix: forêts, montagnes, ciels clairs ou ciels de feu, plaines arides ou collines verdoyantes, océans d'ambre vert ou déserts de glace. Tout y est permis, pourvu que l'acte créatif reste en accord avec les vibrations du lieu. Et à ma connaissance, il n'est de topographie imaginable par un esprit humain qui ne puisse s'y concrétiser. Car c'est ici le pays des voeux accomplis, le pays des moissons permanentes, des champs à jamais fertiles où chaque graine, chaque récolte se transforme en corne d'abondance.

L'au-delà, du moins dans ses sphères éthérées, est un monde lumineux de liberté, empreinte d'une paix et d'une joie indicible dont tous les coeurs charitables ont le droit de profiter à satiété. La seule clef d'accès requise étant la pureté du coeur, des actes et des pensées.
Chacun y vit selon son choix : seul ou avec l'être aimé, en famille ou entouré de ses amis les plus chers, ou encore aux côtés des animaux qu'il affectionne : chiens, chats, chevaux, écureuils, oiseaux ou pourquoi pas lions, singes, serpents et tarentules si tel est son souhait. Car ici, nul animal n'est dangereux ni agressif. Tout simplement parce que le combat pour la vie n'existe plus. Le corps astral s'abreuve en effet à la source centrale de vie, à cette fontaine de jouvence issue du coeur de l'univers qui distribue à foison son divin nectar.
Le temps dans l'astral n'a plus d'emprise sur notre devenir. Il est sans limite. Et notre vie s'y déroule tout le long d'un jour d'été sans fin, car dans ce pays de lumière, la nuit n'existera que si on la désire.
Ce lieu, délicieux séjour d'immortalité entre deux incarnations, est la récompense d'une vie terrestre mise au service du bien. Une des plus grandes joies ici consistant à concourir à l'harmonie universelle, à tendre la main à nos semblables, à les aider, qu'ils soient encore sur terre ou aspirants spirituels désincarnés devant être élevés à des vérités supérieures.
C'est le devakan des théosophes, le summerland des spirites, le Pardès des Chaldéens, le Walhalla des anciens scandinaves. Tous ont pressenti l'existence de ce paradis ou en ont eu la révélation...

Un léger tiraillement m'indiqua que mon corps physique s'impatientait.
Je le sentis comme abandonné, en exil quelque part sur la planète terre.
Il me fallait donc quitter ce monde d'eaux vives et de liberté, ce Pays des mille souhaits, et rejoindre ma demeure de vie matérielle. Il me fallait quitter ce continent céleste aux exhalaisons ineffables et laisser mon ami rejoindre les sphères supérieures de l'âme. Mais maintenant, je pouvais au moins être rassurée sur son sort.
Je ne me rappelle ensuite que de vagues adieux lancés à la hâte, ainsi que d'une brume épaisse descendue rapidement sur mes yeux.

Une seconde après, peut-être deux, je reprenais place dans mon lourd scaphandre de chair.
Au revoir, André... Page suivante
 



   Les pages de Priya - Autobiographie
 

 
 
     
   

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