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ée Myra Ellen Amos le 22 août 1963 à Newton aux Etats-Unis,
la chanteuse pop rock Tori Amos est élevée dans le Maryland.
A l'âge de 4 ans, elle chante et joue du piano à la chorale
de son église. Attirée par le rock et surtout par celui de
Led Zeppelin, Tori Amos compose ses premières
ballades et se produit dans des bars locaux. Elle part en
suite à Los Angeles pour en faire son métier. En 1988, elle
signe un album pop métal Y kant Tori read qui passe
inaperçu, puis embarque pour Angleterre pour y donner une
série de concerts qui coïncide avec la sortie du maxi Me
and a gun sur lequel elle raconte l'histoire de son
viol. En 1991, elle signe l'album Little earthquakes
qui se vend bien en Angleterre et aux Etats-Unis. L'année
suivante, elle sort le maxi Crucify qui comprend des
reprises de Nirvana et de Led Zeppelin.
Suit en 1994 l'album Under the pink qui se vend à
plus d'un million d'exemplaires. En 1996, Tori Amos
enregistre Boys for pele qui arrive directement à la
deuxième place des charts albums. Deux ans plus tard, elle
signe From the choirgirl hotel puis, en 1999, un
double album To Venus and back parallèlement à sa
tournée avec Alanis Morissette. Strange Little Girl
voit le jour en 2001. L'année suivante, Tori Amos sort
Scarlet's Walk. Son dernier album s'appelle The
beekeeper .
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Tori Amos, la bible et les abeilles
" La seule façon d'aborder et de comprendre l'imbroglio de
l'Amérique actuelle était d'aller rechercher au fond de moi la femme
chrétienne que je suis. Les enseignements de Jésus ont souvent été
détournés et manipulés par certaines personnes à leur profit. En tant
que fille de l'église et afin d'y
voir plus clair, je me devais de faire un retour vers le symbolisme et
la signification allégorique du message chrétien."
Tori Amos avait certainement de solides
bases pour l'aider dans cette démarche spirituelle. Fille
d'un prêtre méthodiste, elle a littéralement grandi à l'intérieur de
l'église.
Son enfance et ses relations avec la religion sont dépeintes dans
son livre Tori Amos, Piece by piece ( non traduit actuellement
en français) qu'elle a écrit avec la grande journaliste musicale Ann Powers.
En préparant son dernier disque The Beekeeper
(l'apiculteur en français) Tori Amos s'est efforcée de retrouver le
parfum et la sagesse des premiers jours du christianisme. Elle s'est
ainsi promenée longuement à travers les écrits de (saint) Matthieu,
(saint) Marc, (saint) Luc et (saint) Jean et est allée puiser
directement dans la manne céleste des chants gnostiques issus de la
bibliothèque copte de Nag Hammadi qui contient
de nombreuses allégories secrètes.
L'ensemble de ces livres se compose de textes
religieux et hermétiques parsemés de sentences morales, d'écrits
apocryphes et curieusement d'une réécriture de la République de
Platon. Ces livres sont un témoignage
unique de la philosophie et du christianisme primitif. Leur analyse
est bien sûr délicate puisque nous ne connaissons ni leurs
auteurs, ni les circonstances, ni les lieux de leur rédaction, mais ces
documents d'époque s'avèrent décisifs pour la recherche sur le
gnosticisme des premiers temps bibliques. Pour mémoire, ces
parchemins furent découvert en Egypte en 1945.
Tori s'est émerveillée à la découverte de ces
"chants gnostiques" découvrant à travers la vérité de la conscience
christique la joyeuse danse cosmique éternelle de l'univers. Elle fut
particulièrement intriguée par le fait que les enseignements de Jésus
ont été manipulés pour amener la prédominance des pères de l'église
aux détriment des "mères" de l'église. Le rôle essentiel de la femme a
été ainsi ravalé à un rang inférieur. Pour Tori Amos on a par exemple
totalement occulté l'importante contribution de Marie-Madeleine dans l'histoire du
christianisme.

Plus j'ai approfondi mes
recherches,
plus j'ai découvert qu'il y avait des femmes prophètes,
des femmes qui avaient leur propre message à transmettre aux
générations futures.
"L'évangile de Marie Madeleine peut lui être
attribué dans son essence, quel qu'en soit l'auteur."
Tori fut surprise de découvrir que les
choses dans les premiers temps du christianisme n'étaient pas fort différentes de celles d'aujourd'hui,
à savoir qu'à l'époque déjà, des gens décidaient de ce que l'on devait
entendre et ne pas entendre par rapport au message chrétien.
"La majorité des américains ne savent pas que
sur une période couvrant 1700 ans on a interdit à la femme de parler
et d'avoir ses propres opinions ! "
Jésus n'a pas connu tous ces gens qui ont
interprété et falsifié le message biblique à leur façon, dit-elle.
Puis Tori laisse échapper un grand éclat de rire. "Ce
serait comme si vous vouliez faire une compil de Jimmy Hendrix en
éliminant sa guitare ! "
"Je n'ai pas écrit le Code Da Vinci,
cependant des années d'étude et de recherches
personnelles m'ont permis d'élargir la signification du message
biblique. Je présente en quelque sorte un certain aspect de mes
réflexions dans Beekeeper. J'y ai introduit une grande quantité
d'archétypes mythiques, récoltant le nectar des reines
des abeilles issues de différentes mythologies, qu'il s'agisse de
Sekhmet, Kuan-Yin, Freya ou de la reine celtique Maeve.

A propos d'abeilles, cela fait longtemps
que Tori s'intéresse au sujet !
Tori Amos a appris beaucoup de choses les
concernant grâce au livre de Simon Buxton: The shamanic way of the
bee - Ancient wisdom and healing practicies of the bee masters.
Dans ce livre Buxton décrit les rituels initiatiques des abeilles.
"Il a compris l'équilibre qui existe partout
dans la nature et que les abeilles sont détentrices du secret de la
sexualité et de procréation dans le grand jardin terrestre. C'est en
lisant ce livre de Buxton que j'ai mieux assimilé le principe des
forces créatrices, de cette force neutre dans la grande histoire
universelle. Ce n'est pas une force qui doit être simplement adorée et
à laquelle on doit obéir aveuglément, mais dont la reconnaissance peut
nous amener à l'illumination et nous aider à reconnaître l'importance
de l'inter connectivité de tous les acteurs du cycle de la vie.
S'inspirant du livre secret de Jean, Tori
n'accepte pas l'image d'un Père divin sévère nous commandant de faire
ceci ou de ne pas faire cela. Au contraire, elle suit les préceptes d'une
femme divine nommée "Sagesse" qui nous intime de
manger de l'arbre de la connaissance.
"Les jardins terrestres personnifient
les différentes relations que la femme peut avoir dans sa vie. La
femme expérimente la vie par ses passions, par toutes ses émotions
ressenties. Par là même elle développe en elle le sixième jardin. Le
nombre 6 est un reflet de la forme hexagonale des cellules dans la
ruche. Ce nombre représente aussi bien sûr le sixième jour de la
création du monde. La mythologie biblique, les mystères de la création
et de la femme antique sont ainsi réunis."
"Les chansons de cet album me sont venues
naturellement à l'esprit. Jusqu'à un certain point, c'était pour moi
comme un parcours obligé..."

FRANCIS THIRIFAYS
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