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La
symbolique de l'Ordre du Temple

Par définition, l'Ordre du
Temple fait référence à un type de construction précis, le temple, en
l'occurrence le Temple de Salomon de Jérusalem, terme et "puissance" des
lieux qui ne manquèrent pas d'influer sur le psychisme collectif, la nature
et la mission de l'Ordre
Julius Evola a noté que le terme "Templiers" (et "Temple", N.D.A.)
fait penser à un dépassement (Révolte contre le monde moderne). Et
c'est bien de cela qu'il s'agit, à travers l'image du temple, édifice
qui bénéficie d'une appellation à la fois plus prestigieuse et plus
vaste que celle d'église, mais qui, sur le plan formel et
"symbolico-spirituel", est un endroit plus "restreint", plus
confidentiel, se prêtant mieux à une réelle "conservation" du divin.
En répudiant ou en minorant l'aspect exotérique du christianisme
dévotionnel et passionnel au bénéfice de son aspect ésotérique de
nature johannique, le Temple s'identifiait plus, symboliquement et par
la nature même du temple, à ce type d'édifice qu'à une église; temple
dont l'archétype fut celui édifié par le roi Salomon (970-931 av.
J.-C.) à Jérusalem, la "Ville de la Paix", et dont les restes
abritèrent l'Ordre.
Image de l'univers divin et reflet terrestre des modèles célestes, le
temple représente le cosmos et les mystiques ne manquèrent pas de
faire de l'âme immortelle des hommes le temple sacré du Saint-esprit
dont le rôle fut central dans la pensée des Templiers, ce qui ne peut
être l'effet du hasard. Le temple est le lieu central et intemporel où
se manifeste dans sa plénitude la Présence réelle du divin. Aussi,
tout temple constitue un centre du monde, un omphalos, en même temps
qu'une "Terre Sainte" qui échappe à la contingence du monde profane, à
ses forces perturbatrices et à son involution.
Le temple se suffit à lui-même, créant son propre espace sacralisé et
s'y résumant. Il est à la fois le macrocosme et le microcosme du monde
et de l'homme, "le temple est le corps de la Personne divine corps du
Christ étendu sur le plan cruciforme de l'église dont l'autel figure
le coeur", et saint jean de préciser: "Il parlait du temple de son
corps".
Bien que tous deux espaces sacrés, le temple et l'église possèdent
deux natures différentes et incompatibles. L'église se présente comme
un espace ouvert à tous, dès l'instant, en principe, que les personnes
sont baptisées, à l'exception toutefois du choeur qui demeure réservé
à la classe sacerdotale.
En revanche, le temple, dans la tradition antique et non chrétienne,
est un espace secret et clos, voué au culte et ou à la perpétuation
d'un mythe primordial. Seuls les desservants ayant subi des rites
spécifiques peuvent y pénétrer afin d'y accomplir le rituel et
"s'occuper" du dieu.
Déjà secret et clos par lui-même, le temple possède une partie encore
plus secrète, close et sainte, le saint des saints, où résident
véritablement la substance vivante et le mystère de la réalité divine.
Contrairement à l'église où sont abolies, en fait, les lois cosmiques
et l'intégrité de la divinité, puisque tout un chacun peut y entrer et
sortir à sa guise, ce qui désacralise en quelque sorte son espace ou
affaiblit sa force, le temple, lieu hors du temps profane et partie
intime du temps sacré, n'est pas destiné à accueillir la foule des
fidèles dont les dévotions, rites et sacrifices s'effectuent sur le
parvis s'étendant devant l'édifice. De ce fait, le temple garde
intacte la nature sacrée de son espace où peut alors agir et se
développer, librement et in corrompue, la puissance divine qui y a élu
domicile.
Cela rappelle le Graal, coupe de la connaissance de la révélation des
mystères de la Création divine, qui se trouve déposé, non dans une
église, mais dans un temple, le Temple du Graal, dont personne ne peut
franchir la porte à l'exception de l'Élu, sorte d'Agneau
chevaleresque, que fut Galaad, le plus parfait des chevaliers.
En d'autres termes, on peut dire que l'église est la matérialisation
de l'exotérisme d'une religion dévotionnelle et douloureuse, alors que
le temple est la matérialisation ésotérique d'une religion
"rationnelle", intériorisée et virile. Il est certain que le nom de
l'Ordre fondé par Hugues de Payns n'est pas seulement lié à un lieu
géographique - l'emplacement du Temple de Salomon -, mais découlait,
analogiquement et symboliquement, de l'image universelle du temple
comme récepteur et condensateur de la force divine émanée, et
conservateur des secrets du Principe originel.
Extraits :
http://www.templiers.net/symbolique
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